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Respiration, mode d'emploi

Le 10 février 2014

 

La respiration est innée. Depuis la naissance on respire et, jusqu’à preuve du contraire, aucun professeur agrégé de respiration ne nous attend à la sortie, le 1er jour de notre vie, pour nous apprendre à respirer.

Alors pourquoi faire un mode d’emploi ?

Parce que bien souvent la respiration, qui devrait être naturelle, se retrouve perturbée : soit à cause de blocages qui  empêchent notre corps de respirer correctement (blocages anatomiques, psychiques, émotionnels, etc), soit à cause de mauvaises habitudes prises au fil du temps (comme par exemple, vouloir garder son ventre plat à tout prix…).


« Vivre c’est respirer, et respirer c’est vivre »… et bien respirer, c’est bien vivre.


Côté pratique, comment ça se passe ?

L’air entre dans le corps par le nez et la bouche et passe par le pharynx puis le larynx. Ces derniers ont pour but de :
- réchauffer l’air afin qu’il arrive à 37 degrés dans les poumons,
- filtrer l’air pour éliminer poussières et bactéries, les poumons étant stériles.

Après le larynx, l’air rejoint la trachée qui se divise ensuite en deux bronches, une pour chaque poumon.
Chaque bronche se divise en bronchioles qui se terminent par les alvéoles pulmonaires.

Les alvéoles pulmonaires sont le lieu des échanges entre l’air et le sang : L’oxygène O2 apporté par l’air extérieur « passe » dans le sang, tandis que le dioxyde de carbone CO2 produit lors du métabolisme (activité cellulaire) est rejeté. Cet échange se fait grâce à la différence de pression de CO2 et d’O2 entre l’alvéole et le capillaire sanguin.


Et d’un point de vue mécanique ?

Pour que la respiration se fasse, les poumons ont besoin de l’aide des muscles.

1)    Le plus important d’entre eux est le diaphragme. Il est situé sous les poumons et au dessus « du ventre ». Il a la forme d’une coupole.

Lors de l’inspiration, la coupole du diaphragme s’abaisse, augmentant ainsi la taille de la cage thoracique. Cette augmentation permet aux poumons de se dilater.
En s’abaissant, le diaphragme vient s’appuyer sur la masse abdominale (l’estomac, les intestins, le foie…), la déforme, ce qui gonfle le ventre.

Pour qu’une respiration soit normale et complète, la masse abdominale doit donc être complètement libre et détendue. A l’inverse, toute tension abdominale chronique peut empêcher ou réduire la respiration ; toute tension passagère (liée par exemple au stress), la réduit momentanément.

Chez la femme enceinte, le diaphragme se retrouve limité dans sa mobilité, notamment à cause de la pression exercée par le foetus. C'est pourquoi une femme enceinte, au fil de sa grossesse, se retrouve gênée dans sa respiraition.

2)    Simultanément à l’abaissement du diaphragme, les muscles intercostaux (petits muscles situés entre chaque côte) se contractent et écartent les côtes, créant une augmentation de la cage thoracique sur les côtés (et permettant donc aux poumons de se dilater encore plus).

Des tensions musculaires ou articulaires (par exemple, articulations des côtes avec les vertèbres ou des côtes avec le sternum) peuvent donc gêner une respiration ample et libre.

Résultat : lors de l’inspiration, toute la cage thoracique augmente de taille, ce qui crée un appel d’air permettant aux poumons de se remplir.

Lors de l’expiration, les muscles se relâchent, la taille de la cage thoracique diminue, les poumons se retrouvent « comprimés » et se vident.

NB : Plus la respiration est profonde, plus la contraction musculaire est importante, et plus le nombre de muscles intervenant dans la respiration est important.


Quels sont les rôles de la respiration?

La respiration n’a pas que pour but d’oxygéner le corps. Elle intervient également dans la gestion des émotions, le relâchement du corps et la digestion.

1)    Gestion des émotions, du stress

Physiologiquement, la respiration permet de réguler le stress et les émotions.
Le stress entraîne des réactions telles que l’accélération du rythme cardiaque, la modification du rythme respiratoire, des tensions musculaires, etc.
Pour permettre au corps de lutter contre ce stress, une succession de réactions hormonales se produit.

Contrôler sa respiration permet d’abaisser sa fréquence cardiaque et respiratoire, et donc de réguler ces réactions hormonales et contrebalancer les effets néfastes du stress.

L’hyperventilation est liée à l’anxiété, à l’émotivité : plus nous sommes émus, plus nous respirons vite et plus nous respirons vite, plus nous sommes anxieux et ému. La fréquence respiratoire détermine l’anxiété : une fréquence respiratoire lente et ample va agir sur le cerveau pour « le calmer ».

2)    Rôle dans la digestion

Une « bonne respiration » permet également une meilleure digestion.

On a vu plus haut que lors de l’inspiration le diaphragme s’abaissait et prenait appui sur la masse abdominale.
L’abaissement et l’élévation du diaphragme lors de la respiration vient créer un système de pompe au niveau digestif, une succession de contractions et de relâchements. Ce brassage favorise notamment la circulation sanguine et le transit intestinal. Il facilite et régule les fonctions de digestion, d’assimilation et d’élimination des nutriments.

Beaucoup de troubles digestifs sont en relation avec un mécanisme respiratoire bloqué ou insuffisant.


La respiration dite inversée

Certaines personnes ont ce qu’on appelle une respiration inversée.

Lors de l’inspiration, elles vont bloquer le système abdominal : le diaphragme va peu descendre, le ventre ne va pas gonfler, et la cage thoracique, pour compenser, va s’ouvrir d’autant plus.

Cette respiration correspond à la respiration physiologique d’effort, mais n’a pas lieu d’être au repos.

Les principales causes de cette respiration sont émotionnelles. Elle peut aussi résulter d’une mauvaise habitude prise, le plus souvent à l’adolescence : rentrer le ventre pour garder le ventre plat…

Dans tous les cas, cette respiration est devenue inconsciente et la personne respire de manière inversée tout à fait naturellement.

Avoir une respiration inversée au repos peut notamment induire :
- une moins grande amplitude respiratoire,
- des tensions musculaires plus importantes, notamment au niveau du cou et du haut du dos qui se retrouvent plus sollicités qu’ils ne le devraient,
- une sensation d’oppression et de stress
- une digestion plus difficile car le mouvement de pompe du diaphragme sur la masse abdominale ne se fait pas,
- un mauvais retour veineux.

Pour ceux qui ont une respiration inversée, voilà un exercice simple à faire : Lorsque vous êtes allongés (pour un meilleur relâchement du corps, placez un coussin sous votre tête, et également sous les genoux), placez vos mains sur votre ventre.
A l’inspiration, soulevez vos mains avec votre ventre.
A l’expiration, dégonflez votre ventre en rentrant les abdominaux (vos mains descendent).


Comment mieux respirer ?

Il existe de nombreux moyens de retrouver une respiration optimale, et ainsi une sensation de bien-être et de relâchement nerveux, psychologique et physique.

Bien évidemment, l’ostéopathie en fait partie.
En levant les blocages articulaires, musculaires, tissulaires, abdominaux, etc, l'ostéopathie redonne aux structures permettant la respiration suffisamment de liberté et de mobilité.
L’ostéopathe va chercher à lever les différentes tensions et à relâcher le corps pour permettre une respiration ample et fluide et une circulation générale optimale.

La sophrologie, travaillant notamment sur la gestion du stress, des angoisses, de la connaissance de soi, va donner une place primordiale à la respiration.

La pratique du Yoga, du Taï Chi Chuan ou du Qi Gong renvoie à la conception asiatique qui considère la respiration comme une prise d’énergie vitale. Dans la pratique des arts martiaux, on reconnaît l’importance fondamentale de la respiration, alors que dans la plupart des sports « occidentaux », on privilégie l’aspect musculaire. 


Conclusion

Vous l’aurez compris, bien respirer permet de gérer son stress, de se sentir plus détendu, « mieux dans ses baskets ».
Une bonne respiration facilite également une bonne digestion.

Et comme le stress agit également sur la digestion, par des réactions du système nerveux que je ne développerai pas maintenant: Vivons détendus, vivons heureux, respirons bien, et digérons bien!

 

Pour plus d’informations sur l'ostéopathie et le système digestif, cliquez ici.

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